La passion d’éleveur

  • La filière laitière IGP, un bon (lait) cru !

    • Dès 5h du matin au GAEC de Loblaz, on est déjà bien actif… « On », ce sont Romain, Elodie sa femme, et Thierry. Ils sont tous les 3 producteurs de lait et associés à Chaumont en Haute Savoie.Comme d’habitude, la journée démarre par la traite des 80 Montbéliardes de l’exploitation. Cette tâche quotidienne est incontournable, et à renouveler matin et soir. « Ça met le rythme de la journée… ça, et puis la météo » en sourit Romain.


    • Pour autant, ce n’est pas une mission qui rebute nos producteurs. A l’œuvre ce matin, Thierry, véritable amoureux des animaux, trouve cela plutôt agréable : « C’est plaisant à faire, pour moi ce n’est pas une contrainte… sinon on aurait peut-être mis des robots déjà ! Alors c’est vrai que c’est prenant : c’est 2 fois par jour samedi et dimanche compris. »


    • A raison de 2 heures par traite, en effet, cela conditionne bien les journées de nos producteurs. Mais pour autant, Romain appuie sur l’enjeu d’une traite de qualité « Pour nous ça a toujours été important de traire comme il faut, proprement, et puis on est content d’avoir des fiches de paie avec des A … ça nous déprime dès qu’on a un B. »


      Il faut savoir que dans la filière laitière, le lait collecté est plus ou moins bien rémunéré selon des critères de notation, allant de A à D. En effet, il y a des règles à respecter sur l’alimentation des animaux ou la propreté par exemple … avec des exigences de qualité.


      Cela fait partie du métier affirment les 2 producteurs hauts savoyards : « Nous, on tient à nos fromages et à notre filière lait. Donc même s’il y a un cahier des charges contraignant, on sait que c’est grâce à cela qu’on peut se différencier des autres laits et des autres fromages. »


    • Des contrôles au service de la qualité

    • Pour suivre et valider l’activité de chaque exploitation, des contrôles sont effectués de manière aléatoire afin de vérifier que les exigences de qualité imposées par la filière sont bien respectées. Là encore, Romain affirme que cela fait partie du jeu… « Il faut les accepter. Un contrôle quand tu en as peur, c’est que tu as quelque chose à te reprocher… Nous ils peuvent venir quand ils veulent… »


      D’un point de vue économique, la filière laitière IGP est aussi pour eux la solution la plus adaptée afin de pérenniser leur structure affirme Romain. « Il est vite pesé le pour et le contre … Nous on a une exploitation où le pâturage et l’herbe sont prédominants, donc pour valoriser cela on a que le fromage de haute qualité… »


      Les fromages sous appellation IGP reflètent ainsi le travail qualitatif des exploitations contribuant à leur fabrication. Alors, oui, Romain et Thierry défendent « leurs fromages » bien sûr, mais pas uniquement : de manière plus globale, ils sont fiers de défendre la filière fromagère et mettre en avant le terroir local… « On est pour les fromages de Savoie en général, c’est sûr. S’il y a un fromage qui marche bien les autres vont être tirés vers le haut, la promotion elle sert pour tout le monde… »